Bavardage

Publié le 19 Mai 2015

Hello tout un chacun ! La délicieuse Titiou de Girls and Geeks vient de poster un article qui fait au chaud au cœur, et qui du coup m’a immédiatement donné envie de renouer avec mon petit blog qui sommeille doucement. En gros, elle dit qu’il vaut mieux faire ce dont on a envie quand on en a envie, au lieu de repousser à plus tard, à plus loin, à quand on aura plus de sous, à quand on n’aura plus d’emprunt, à quand on aura un mec. Parce qu’après, c’est plus le bon moment, on a changé, nos envies aussi. Et parfois, il n’y a jamais de « bon moment », il faut simplement se lancer et aviser ensuite. Elle dit qu’elle est heureuse comme ça, deux gamins, un mec, bossant en freelance de chez elle à Montreuil. Que si c’était à refaire, elle referait tout pareil, même si elle dit que c’est pas facile tous les jours.

C’est marrant parce que hier soir, j’étais chez des amis pour manger des pizzas Domino’s en glandant devant la télé. On était un joyeux mélange de célibataires et en couple pré-trentenaires sans enfants et non mariés, et personne n’avait vraiment l’air pressé que ça change. Bon, forcément, quand on est célibataire on ne dirait généralement pas non au fait de rencontrer quelqu’un. Mais pas pour avoir la bague au doigt ni pour procréer. On discutait d’une pote d’école qui attend son premier enfant dans un contexte un peu flou d’entreprenariat et on se disait Est-ce qu’elle mesure vraiment les changements dans sa vie ? Elle va payer l’addition, tout va lui tomber dessus au même moment. Elle ne va pas arriver à gérer, ça va être horrible.

Oui mais quoi sinon ? C’est quoi la solution ? C’est faire des enfants ou des projets ou des voyages seulement quand on a la stabilité financière qui va bien, qu’on a acheté l’appart et surtout qu’on l’a remboursé, et que ça fait cinq ans au moins qu’on est dans la même boîte. C’est un peu triste, quand même. Ce sont encore des freins qu’on se met, qu’on nous met. Pourquoi on se pose autant de questions. Pourquoi tout est toujours aussi compliqué pour nous. Nous, au sens large, les gens de mon âge, ma génération, avec toutes les disparités de situations que cela implique bien sûr. Une amie concluait par J’ai déjà du mal à ne pas stresser pour la thune alors qu’on est que deux – comment je pourrai penser à faire un enfant ? C’est pas faux.

Je ne sais pas trop où je vais en vous racontant tout ça, comme d’habitude me direz-vous. Ça m’a juste fait bizarre de réaliser que je ne suis pas du tout prête à avoir un ou des enfant(s). Et pourtant je m’approche graduellement des trente ans, âge moyen du premier enfant en France. Ça ne m’empêche pas d’être absolument ravie pour ceux (encore rares) dans mon entourage qui s’y mettent. Je serai gaga de leur progéniture et je la couvrirai de Duplo à la moindre occasion. Mais dans ma vie, j’ai l’impression qu’il n’y a pas encore de place pour un enfant. Peut-être qu’il n’y en aura jamais. Parfois, j’ai des bouffées d’angoisse inexpliquées, en lisant un article sur les changements climatiques ou sur la montée du racisme en France. Je me rends bien compte que c’est idiot et qu’il faudrait n’envisager les enfants que sous l’ordre du pratique (des petits êtres dont il faut s’occuper) et du microcosme familial (des gens qui vont s’occuper de moi quand je serai vieux). Mais pour moi, l’enfant est le symbole de l’espoir, de la confiance en l’avenir. On ne peut pas dire que j’en déborde aujourd’hui.

C’est en partie pour ça que c’est un soulagement d’avoir pris une décision concernant la boutique. Ça me permet de retrouver le salariat et sa sécurité (certes toute relative). Ça me permet de rembourser mon emprunt tranquille et de glander le samedi (dans le cadre d’un emploi de bureau). Bref, ça m’enlève un poids. Je vais aussi avoir plus de temps pour les autres, pour les gens de ma vie, tous ces amis que je ne vois presque plus ou que je n’appelle pas parce que je cours partout, mais qui ne quittent pas mes pensées, qu’ils le croient ou non. Je crois que je suis bizarre à ce sujet. Dans ma tête, c’est comme un document Excel avec un tableau de suivi de la vie de mes amis. Le nom, la situation de vie résumée, et le statut : en recherche d’emploi / crise sentimentale / solitude passagère / possible déménagement bientôt. Ça reste en veille dans un coin de ma tête et du coup j’y pense à des moments pas du tout opportuns, genre je fais mes courses au Franprix et je pense à l’humeur du moment de mon marin brestois, au nouveau cadre de vie de mon amie suisse, au dernier film que mon ancienne co-stagiaire cinéphile a vu, ou à ce que mange ce soir ma pote turinoise. C’est idiot, ça ne peut pas se traduire en mots, je ne peux pas envoyer de textos qui dit « Ça va ? Tu manges quoi ? Ça va mieux avec ton chef ? » à 18h50 en disparaissant à nouveau juste après. C’est pourtant à ça que ça ressemble dans ma tête.

J’ai passé mon premier entretien pour un boulot mardi dernier, c’était chouette, c’était mon premier contact avec le monde de la grande entreprise depuis ma démission en janvier 2013. Il y avait une fontaine à eau et des gens en costume dans les couloirs. La RH a été fort sympathique et encourageante, bien qu’elle ait soulevé le fait que mon CV « parte un peu dans tous les sens ». Je n’ai pourtant que 28 ans et deux expériences professionnelles différentes à mon actif. Mais apparemment, elle n’a pas l’habitude des CV « où il y autant de choses ». Sans que ce soit nécessairement ce qu’elle recherche. Bref. Elle m’a dit qu’en gros elle voulait être sûre que maintenant je sois dans l’état d’esprit de « me poser, de vraiment construire ma carrière, de penser au coup d’après au lieu de fonctionner à l’instinct ». C’est vrai que c’est super instinctif de monter sa boîte pendant un an avant de démissionner d’un CDI. M’enfin. Au moins je sais comment orienter mon discours en entretien.

Sinon, pas grand-chose d’autre à signaler. J’écoute présentement la playlist Youtube Trace Urbaine 2015 choisie par mon apprentie comme fond sonore à la boutique. Soi disant j’écoute que des trucs de vieux. Tout ça parce qu’il y avait Nelly Furtado sur ma playlist à moi… Oui je sais, je devrais faire des playlists Deezer plutôt, suivez mon regard. J’en profite pour adresser mes félicitations à tous les futurs mariés de mon entourage, je me réjouis de venir danser la joie le jour J avec vous quand je le peux et sinon je pense bien à vous en ces temps brumeux d’organisation et de choix du traiteur. Et je vous dis à bientôt les amis. Et ne me spoilez pas sur Mad Max !

Rédigé par Nombre Premier

Publié dans #Ma life

Commenter cet article

Nombre Premier 19/05/2015 17:25

Merci pour ton témoignage, je n'ai pas forcément beaucoup de gens dans mon entourage qui ont déjà fait, qui ont déjà vécu suffisamment pour avoir du recul sur le couple, les choix de vie etc... La pression sociale est effectivement mon pire ennemi. Et pour le couple, je suis d'accord, ça fait plaisir de sortir des sentiers battus parfois...

xenomorf 19/05/2015 16:50

Ben à 40 ans passés, 2 gosses, et ce fameux couple qui est parti en vrille depuis quelques années, j'avoue que je ne suis pas sûr que j'aurai tout fait pareil... même si maintenant que j'ai des gamins j'ai du mal à imaginer la vie sans eux. C'est sûr que le monde donne pas envie d'en faire finalement, d'autant que depuis 1 générations, on sait qu'ils vivront plus mal que leurs parents... Quant aux couples, je découvre avec ravissement en évoluant qu'il y a 1.000 façons de s'aimer, sans pour autant rentrer direct dans le schéma "petit-bourgeois" du couple/travail/maison/enfant... qui finit souvent par éclater quelques années plus tard de toutes façons. Donc oui, faire les choses au moment où on en a envie, comme on en a envie, en envoyant bouler la pression sociale est une bonne philosophie !