Out of work (2)

Publié le 19 Octobre 2015

Voilà, donc c'est lundi soir, donc je prends la plume sur cette magnifique citation: "Toute chose a une fin, sauf la banane, qui en a deux".

Et sauf le chômage qui, dans mon cas, n'en a pas (encore). Au risque de radoter, je ne reviendrai pas sur le fait que je vis moyennement bien cette période d'incertitude, alors mes sincères excuses à tous ceux qui se demandent ce que je peux bien foutre en ce moment et pourquoi j'ai disparu. Pardon d'être aussi asociale. Vous ne quittez pas mes pensées, mais je n'arrive pas toujours à sortir de chez moi, à aller voir des gens. Ça dépend des semaines, des jours, voire des heures de la journée.

Parmi diverses péripéties, il y a eu la boîte qui m'a accueillie à 18 heures pour un "cas de contrôle de gestion" (je traduis: vérifier que je sais prendre des chiffres depuis un tableau et les mettre dans Powerpoint en calculant un pourcentage de croissance ou de baisse). J'en suis partie à 21 heures, la Défense endormie, moi complètement abasourdie. La RH m'a ensuite demandée en entretien: Comment vous réagissez si on vous dit en réunion que vous êtes nulle, est ce que vous vous mettez à pleurer? Donc bon, je me suis retirée du process, c'est-à-dire que j'ai pris la fuite sans demander mon reste.

Ensuite il y a eu le cas Amazon, où je suis allée au bout des six entretiens, pour m'entendre répondre que non, finalement, désolée, le tout par mail anonyme sans possibilité de demander un retour en bonne et due forme. Ça, c'était le jeudi. Le samedi, dans la queue devant le Memphis à une heure du mat, qui vois-je: l'un des mecs qui m'a fait passer un entretien. Le pas de chance quoi, la poisse internationale qui n'arrive bien sûr toujours qu'à moi. Ce fut assez embarrassant, surtout quand il s'est mis à marmonner, tout bourré "Mais moi j'ai tout essayé pour qu'on te prenne hein". Super, ça fait chaud au cœur mec.

Puis il y a eu mon expérience en start-up, qui a duré pendant dix jours et qui vient de se terminer. Le fondateur était un ami d'ami et il cherchait quelqu'un pour de l'aide sur un gros projet ponctuel (mais aussi potentiellement pour un CDI). J'ai donc bossé dans sa boîte (rémunérée bien sûr). C'était chouette de retrouver un peu une routine, le monde du travail. C'est très pervers, le système: quand tu es dedans, ça te bouffe, quand tu es dehors, ça te manque. Donc voilà, j'ai fait de l'Excel, j'ai fait du Powerpoint, j'ai pris un thé avec les collègues, je suis allée en rendez-vous client à Roissy. C'était speed, j'ai fini à 21 heures tous les soirs, je ne m'ennuyais pas. Mais le métier n'avait rien à voir avec ce que je voulais faire. Et certains petits détails me gênaient aux entournures, dans l'organisation de la boîte. Je crois que le fondateur, tout dédié à son projet qu'il était, pensait que ses onze collaborateurs allaient forcément être dans le même état d'esprit et viendraient travailler pour la beauté du projet, pour le challenge. Or, comme tout un chacun le sait, aucun challenge ne résiste à des toilettes sales car jamais nettoyées par personne (ce n'est dans la fiche de poste de personne et le fondateur n'y pense pas), à plus de savon depuis un mois alors on utilise du liquide vaisselle, à tu restes jusqu'à 22 heures parce que y'a pas à discuter, sans un merci surtout, sans reconnaissance. Or la reconnaissance, c'est un puissant moteur au travail. Et là, pas une once. Pas par méchanceté, juste la faute à pas le temps. Enfin bref, long story short, je ne vais pas travailler plus longtemps dans cette boîte.

Donc un peu retour à la case départ, avec quelques pistes sous le coude: du contrôle de gestion dans une mini-boîte qui achète et vend des graines de sésame (improbable, oui oui), du contrôle de gestion dans mon ancienne boîte, et du marketing dans une start-up qui vend une solution logicielle. Je vous tiens au jus.

En tous cas, mon passage chez les start-upiens m'a replongé à fond dans mes problématiques féministes. Déjà parce que la semaine dernière, la taxe tampon a été maintenue. Vous savez, la taxe qui met la TVA à 20% sur les protections hygiéniques et la mousse à raser, parce qu'apparemment les deux sont jugés aussi indispensables l'un que l'autre. Alors que le simple bon sens voudrait qu'on se dise que si on ne se rase pas, on a juste de la barbe, alors que si on n'a pas de serviette ou de tampon, bah on saigne partout sur les sièges du métro. Bon, enfin, si ça gêne personne. Il faut dire que les mecs qui ont voté le maintien de la taxe étaient trois pelés deux tondus, la cinquantaine passée, tous des mecs et tous blancs. Pourquoi le prix de mes protections hygiéniques se retrouve entre les mains de mecs qui n'ont aucune raison de s'en préoccuper? Mystère. Ou plutôt, la politique.

Pourquoi je parle de ça déjà? Ah oui. La start-up. Là-bas, il y avait neuf mecs et trois filles, tous issus d'écoles d'ingénieur ou de fac de maths (oui, il s'agissait encore de vendre une solution logicielle, comme on dit). Tous moins de 35 ans. Eh bien j'ai été assez choquée de la manière de parler et du vocabulaire employé. Exemple: "Parfois, faut y aller, faut baiser, alors on va baiser! On va leur prouver qu'on a des couilles et qu'on est pas des p'tites bites!" Oui alors excusez-moi, je n'ai ni couille ni bite, ça compte quand même? Je devais avoir un air affligé car à deux reprises le fondateur a dit "Et voilà, on a choqué Nombre Premier!" Haha. Clairement ce Monsieur n'a jamais lu mon blog (et heureusement). Choqué c'est pas le terme, vous m'avez plus attristée. Et énervée aussi.

Et puis après je suis allée voir le dernier Woody Allen (n'y allez pas). Le personnage principal est encore un mec, encore un qui a environ 40 ans et qui n'est plus heureux dans cette vie. Ya une rétrospective Scorcese dans mon ciné en ce moment, et ya jamais une meuf intéressante dans ses films. C'est comme ce qu'a dit Viola Davis, première actrice noire hollywoodienne qui a gagné un Emmy: "Les comédiens noirs ne peuvent pas gagner de prix car on ne leur donne pas les rôles pour le faire". C'est un peu pareil pour les femmes, en fait.

Bon voilà, donc je boude. Mais je suis quand même contente hein. L'ami Anglais qui partage plus ou moins mon existence vient vivre à Paris en Janvier a priori. Chez moi, donc. Enfin chez nous. Enfin tout ceci est encore assez flou et je préfère ne pas trop y penser. Mais bon, c'est chouette. Reste à régler la problématique du boulot et 2015 ne devrait pas trop mal se terminer. Après un bon paquet de rebondissements!

Je vous laisse, il y a Kaamelott sur 6ter ce soir. Et vous savez tout l'amour inconditionnel que je porte à la série d'Alexandre Astier. Bisous doux!

Rédigé par Nombre Premier

Publié dans #Ma life

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MovieSlayer 03/11/2015 11:51

Histoire de te donner une bonne nouvelle, le retour de kaamelott a été officiellement annoncé, de quoi nourrir ton amour inconditionnel

Nombre Premier 21/03/2020 17:20

<3 Merci!