Miracle de Noël: un nouvel article de blog!

Publié le 20 Décembre 2016

C’est le mardi avant Noël et j’ai très froid. J’ai eu très froid cette année 2016. Je commence à avoir l’habitude des gueules de bois du matin, pas celles dues à l’alcool mais celles dues aux infos. Se lever groggy sans parvenir à y croire, se brosser les dents en pensant aux victimes, en découvrant l’ampleur des dégâts. Se préparer en autopilote et partir bosser en prenant le métro. Bip strident des portes qui se ferment, le plastique dur du siège, le métal de la barre.

Je n’ai pas écrit ici depuis Septembre alors j’en profite pour faire un petit post de bilan de cette étrange année qui se termine. J’ai démarré un nouveau boulot, j’en change en février. Je quitte ma boîte actuelle dans laquelle ça se passe terriblement mal avec mes managers (mais pas seulement moi, c’est toute l’équipe qui est à bout). Du coup, je vais consolider d’autres trucs et machins dans une autre boîte, plus petite, où je serai mieux payée. Où je serai mieux occupée, en tous cas j’espère. Et où je n’aurais plus à gérer une mauvaise organisation et un mauvais esprit, une N+2 cyclothymique bordélique de mauvaise foi et une N+1 trouillarde, psychorigide et têtue comme une mule. Enfin, rien n’est gagné. Il y a des relous partout. Mais au moins je change d’air.

Je garde mon mec, par contre. Cette année nous avons emménagé ensemble à Paris, ça fera un an tout pile début Janvier. Les six premiers mois, j’étais sous l’eau. Submergée par les émotions, le sentiment d’être perdue, l’adaptation qui tardait à se faire. Il était maussade, isolé dans un pays dont il ne parlait pas la langue, découragé par l’ampleur de la tâche qui lui restait à accomplir. Je me suis demandé si ça valait la peine, s’il allait y arriver. J’ai passé presque tout mon temps avec lui, à lui présenter des gens, à aller à des soirées jeux de société avec lui (oui oui), à le traîner à des spectacles de stand-up en anglais où je parlais à de totaux inconnus qui sont ensuite devenus ses amis, à extorquer le numéro de téléphone des mecs sympa à des soirées d’anglophones pour qu’il puisse leur proposer d’aller boire une bière, à rencontrer le mec de la sœur d’une de mes amis, un autre Englishmen in Paris… Bref. Ce fut un travail d’équipe. Au moment de changer de boulot, je lui ai demandé comment il voyait la suite. J’ai dit que j’étais prête à partir en Angleterre s’il voulait. Et c’est lui qui m’a répondu que c’était toujours un peu dur, mais qu’il avait envie de rester. La meilleure récompense pour tous nos efforts !

C’est ça d’être un étranger timide ne parlant pas l’idiome local. Forcément, ça met du temps pour créer des liens. Heureusement, j’ai oublié jusqu’au concept même de timidité, sans doute grâce à l’entrepreneuriat. Je suis toujours maladivement angoissée en société mais c’est enfoui au fond de moi. Je vais parler à n’importe qui, je raconte n’importe quoi. Bon, parfois les gens me prennent pour une folle, ou se demandent si je n’ai pas un léger problème avec le concept de vie privée. Mais ça ne me gêne pas plus que ça. Ce qui me gêne plus en revanche, c’est l’anxiété. Cette année, je l’ai ressentie à des niveaux record. Je pense que c’était dû à tout un tas de raisons, le boulot, l’emménagement comme évoqué ci-dessus, mais aussi de longues discussions sur le couple, la notion de monogamie, le fait de se projeter ou non dans l’avenir. Des histoires d’amitié aussi, moi étant moins disponible dans ma tête, les frustrations que ça peut générer, les non-dits parfois, la culpabilité de ne pas toujours être très présente. Plus généralement, l’année 2016 a eu bon nombre de moments atroces à travers le monde, et forcément ça plombe. Sentiment d’être impuissante, une goutte d’eau dans l’immensité de la population mondiale, un tsunami de haine sur les réseaux sociaux, des positions apparemment irréconciliables, des cygnes noirs en veux-tu en voilà.

Donc voilà, beaucoup de choses dans ma tête qui me tiennent parfois éveillée longtemps. Quelques petites crises de panique, des larmes à répétition. Je pleure facilement quand je suis fatiguée, ce sont les grandes eaux. Impossible de sortir aussi parfois, de voir du monde. Un repli sur moi-même, sur les choses rassurantes. Ce n’est pas grave, je pense vraiment que c’était passager même si ça a duré une bonne partie de l’année. Depuis un mois, ça va mieux. Je me sens revivre un peu, mon anxiété s’éloigne. Mais dans le doute, je vais aller voir un psy pour apprendre à mieux gérer, début 2017. Parce que je n’ai pas envie de combattre des moulins à vent indéfiniment. J’aimerais bien être un peu plus légère.

Comme d’habitude, je raconte ma vie, j’ai l’impression d’avoir douze ans et de noircir les pages de mon journal (en papier) à qui j’avais donné un prénom pour une raison que j’ignore. L’année dernière, j’avais hésité à prendre de bonnes résolutions, mais j’avais renoncé car j’avais le pressentiment que 2016 serait déjà assez difficile à gérer comme ça. Pressentiment confirmé. Cela dit, en cette fin d’année, je suis pleine d’enthousiasme, je suis joie, je suis amour et je suis paix. Et je suis aussi bonnes résolutions. Je suis en phase de reprendre différentes activités réjouissantes (la musique, l’écriture), j’ai envie de sortir (mais de rentrer avant 23 heures). J’ai envie de rencontrer des gens différents, de me lancer des petits défis, de prendre soin de moi, de lâcher un peu prise, de m’engager (pas forcément politiquement). Je sens revenir les désirs, les audaces, les n’importe quoi, les grands enthousiasmes, bref, je sens bouillonner la vie. Alors à moi les résolutions ! Je ne les partagerai avec vous que si je les tiens, c’est plus sûr.

Je ferai un autre poste pour vous souhaiter les choses les plus réjouissantes qu’il soit pour 2017. Aujourd’hui, c’est le dernier jour au bureau pour moi avant les vacances. L’open space est très calme. Collègue Copine a fait des muffins framboise-chocolat blanc qui sont à tomber par terre. Je porte un pull 100% laine qui me tient délicieusement chaud. Je me tâte à aller voir Assassin’s Creed au ciné demain. Jeudi, c’est le grand départ pour le pays de la Marmite, j’ai nommé bien sûr l’Angleterre. On va passer cinq jours dans le bled dont l’Anglais est originaire, avec ses deux vieux parents, ses cinq frères et sœurs, leurs conjoints et leur progéniture. J’ose espérer ne pas avoir à dormir par terre sur un matelas comme l’an dernier au Nouvel An. J’espère aussi ne pas être « réveillée » par Bertie, deux ans et toutes ses dents, qui est entré dans la chambre en plein tripatouillage matinal (heureusement sous la couette). J’ai hâte de savoir en quoi va consister le menu de Noël (même si je sais déjà qu’il y aura pléthore de mince pies. A ce propos, saviez-vous qu’il n’y a pas de viande là-dedans ? Moi pas. Apparemment c’est simplement des fruits secs, du miel et autres trucs dans ce genre fourrés dans une tarte). Le pudding de Noël a déjà été acheté par ma « belle-mère » il y a six mois. Il attend sagement sur l’étagère d’être dégusté.

Chez mes parents, où nous irons ensuite, ce sont les treize desserts provençaux qui sont prêts à être mangés. Il y aura aussi mon frère aîné, sa femme, ses deux enfants, et même un troisième attendu pour le printemps (quelle joie, un nouveau neveu ou nièce à traumatiser !) J’ai acheté les cadeaux de Noël demandés au Père Noël : l’aîné, cinq ans, a demandé le « puzzle Labyrinthe Star Wars ». Pour ceux qui l’ignorent, c’est une boule géante avec plein de tubes et de mécanismes compliqués dedans, dans lesquels circule une bille d’acier. Rien de révolutionnaire, par contre le machin en lui-même est immense et je vais devoir le trimballer de Paris jusqu’au Sud de la France en passant par le fin fond de l’Angleterre. Mais bon, que ne ferait-on pas pour faire plaisir. La plus jeune n’a rien demandé (normal, elle ne sait pas encore prononcer « chaussures » correctement, donc c’était pas gagné), alors elle aura droit à des Playmobil choisis arbitrairement (je crois que j’ai pris « Elevage canin »). Des vacances de Noël somme toute classiques, qui se termineront le 31 au soir par un réveillon chez moi-même, à Paris. Pour l’instant, nous sommes cinq présents. Ça va être la soirée du siècle, les enfants. On va finir ivres morts sur le lit king size (oui, j’ai changé de lit et il est immense. Je l’aime).

En gros, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. J’espère que la période des fêtes se passera bien pour vous – une pensée toute particulière pour ceux qui seront loin de leurs familles ou qui seront seuls pour Noël. J’espère que vous ferez au moins un bon repas et que vous recevrez beaucoup d’amour et d’amitié par n’importe quel canal de communication (Facebook, courrier postal, pigeon voyageur, communication médiumique). On se retrouve pour de folles aventures en janvier – c’est promis ! Merry Christmas et surtout bonnes vacances !

Rédigé par Nombre Premier

Publié dans #Ma life

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