Relationship virgin (no suicide)

Publié le 7 Décembre 2011

Sujet du jour : la virginité. Certes, à vingt-cinq ans, ceux qui sont vierges sexuellement parlant ne sont plus très nombreux. Mais il y a encore une part important de la population qui n’a pas connu une autre première fois, qui vit encore en toute pureté, se demandant si le jour où elle perdra cet embarrassant pucelage va enfin se décider à arriver, et surtout avec qui aura lieu sa première fois, s’il sera grand et beau, si elle sentira bon le sable chaud, et comment on se sent après ce moment d’exception : les relationship virgins.

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Un relationship virgin, c’est quelqu’un qui est vierge de toute relation sentimentale « significative ». Comme en comptabilité (ô joie), il faut définir un seuil à partir duquel une relation amoureuse peut être qualifiée de « sérieuse » et « d’importante » en société. Parce qu’au fond, un flirt de trois jours peut bouleverser beaucoup plus qu’une longue parenthèse d’ennui qui dure deux mois. Mais au moment d’évoquer son passé amoureux, entre amis ou en couple, on choisit rarement de mentionner son plan cul d’il y a deux ans, la belle brune inconnue rencontrée en boîte à Barcelone et avec qui ça a duré une semaine, et le premier mec avec qui on a testé *bip* (chacun remplira), même que c’était trop cool et depuis c’est devenu un all-time favorite. Non, on mentionne les histoires qui ont un peu plus de gueule, qui sont respectables, qui balancent du lourd, bref on sort nos bijoux en or et pas nos babioles H&M (même si on les adore).

Alors comment on fait si on n’a que du H&M dans nos tiroirs ?

Autour de moi, il y a pléthore de jeunes filles et de jeunes hommes biens sous tous rapports qui n’ont tout simplement pas d’histoires de plus de deux mois à ajouter à leur CV sentimental. Qui ont l’historique d’un jeune diplômé en relations amoureuses : stage de deux semaines, missions ponctuelles, VIE avec un Danois, alternance… A côté, certains ont des expériences de senior : mission de deux ans ici, puis suite à une rupture à l’amiable quatre ans là-bas… Pas un trou dans le CV, tout s’enchaîne, tout inspire la confiance, la stabilité, la capacité à s’engager… Alors quand ses expériences relationnelles tiennent en quatre lignes à 25 ans (même si, potentiellement, son CV sexe tient en cinq pages), doit-on s’inquiéter, cher docteur Love ?

(Cette façon de rédiger est complètement débile, vu que je suis à la fois la patiente et le docteur dans cet article, ça n’a aucun sens, si j’avais la réponse je ne poserai pas la question, bref, continuons comme si de rien n’était).

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Déjà, il faut comprendre comment c’est possible, de n’avoir connu aucune relation dite sérieuse à 25 ans. Quand je côtois occasionnellement des collégiens/lycéens, je me sens complètement inadaptée. Ils sont en couple sur Facebook et dans la vraie vie depuis leurs onze ans (mais pas avec la même personne), ils ont des problématiques de quarantenaires (comment casser la routine ? comment éviter qu’il aille voir ailleurs ?) et ils n’envisagent pas leur vie sans quelqu’un (si tu es tout seul, tu es soit un loser soit entre deux histoires). Sachant qu’en quatrième, j’écrivais un journal intime, je laissais encore parfois ma mère m’habiller et j’avais une coupe de cheveux à mi-chemin entre la coupe au bol et la mèche de Justin Bieber, je n’avais clairement pas les mêmes préoccupations. Ces digital natives sont en avance sur tout, et notamment sur nous, la génération Y. A 25 ans, eux seront probablement en train de tester de nouvelles formes de relations sentimentales comme le polyamour ou la communauté asexuée, tout en fréquentant assidûment les clubs échangistes dans l’espoir de vaincre leur ennemi juré : la routine.

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Les filles étaient plus délurées dans les 50s...

Mais les Y alors, ceux dont les années collège/lycée ressemblent plus à celles des Beaux gosses ou des Freaks & Geeks qu’à Glee ou Hartley Coeur à vif ? Comment deviennent-ils des relationship catherinettes, sans relation sérieuse à 25 ans ? Illustrations piochées dans une bonne partie de mon entourage. Prépa ou fac après le lycée, quelques flirts, rien de spécial. Ecole de commerce ou suite des études, beaucoup de choppes et d’histoires courtes. Année de césure, rencontres brèves en afterwork, un ou deux dates pas concluants. Année d’Erasmus, beaucoup d’occasions d’élargir ses horizons culturels, mais rien de sérieux. Entre-temps, plusieurs déménagements, plusieurs stages, plusieurs universités. Début de la vie professionnelle : déjà 25 ans, le temps passe ! Et c’est là, quand on s’installe pour la première fois, dans un contrat sans durée déterminé, dans un appart où on restera plus d’un an, avec des amis de longue date à fréquenter et moins de soucis financiers, qu’on se retrouve à aller seul tranquillou au ciné le dimanche soir et qu’on se dit : Mais au fait, pourquoi je ne suis pas en couple ?

Etudes longues, pas le temps, pas l’envie non plus de se poser, pas encore de pression sociale, pas les bonnes personnes rencontrées bien sûr, le hasard aussi ; il y a beaucoup d’explications au fait qu’un certain nombre de mi-vingtenaires n’ont jamais eu de « relations sérieuses ». Ceux-là ont toujours lu les dossiers « love » de Biba d’un air sceptique, n’ont jamais pris de décisions en fonction de quelqu’un d’autre, n’ont jamais fait de compromis sur leurs emplois du temps ou leurs envies, ne voient pas pourquoi un couple ne ferait pas l’amour tous les soirs même au bout de dix ans et pensent à un animal de compagnie quand on leur dit « vie commune ». Des gens admirables !

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Pourtant il y a un léger revirement de situation, maintenant que bon nombre de mes connaissances ont commencé à bosser : il y a un sentiment d’urgence et d’anormalité. J’ai peut-être un problème, en fait. Faut que je me trouve quelqu’un. J’en ai marre d’être tout seul. Je ne rencontre jamais personne. Je ne sais pas draguer, aussi. Pff. Je me sens trop différent des autres au bureau.

Alors qu’en fait, être un relationship virgin, ça a aussi de bons côtés, outre tous ceux cités deux paragraphes plus haut. Ok, tu ne maîtrises pas les règles du jeu, tu te sens paumé, sur tes gardes, tu navigues à vue, tu relativises sans arrêt, et tu as peur de perdre cette indépendance à laquelle tu t’es attachée, ayant eu la chance de la connaître. Mais d’un autre côté, tu découvres tout pour la première fois. Tu ne fais pas semblant. Tu n’essaies pas de faire les choses différemment, tu n’as pas de recettes toutes faites, tu es plein d’innocence et d’enthousiasme. Et avec la maturité toute relative acquise depuis tes douze ans, tu sais que tu te brûleras moins les ailes qu’un né de la dernière pluie.

Rappelons une nouvelle fois les statistiques bien connues : 25% des gens en couple se rencontrent pendant leurs études, 25% au travail, 25% par amis d’amis, 10% sur Internet et 15% grâce au hasard (ou le destin, c’est selon). Donc relationship virgins jeunes actifs, haut les coeurs! A la machine à café, dans le métro ou à la soirée du réveillon, votre première fois peut avoir lieu n’importe où ! 

Rédigé par Nombre Premier

Publié dans #Love etc

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Juklien 07/12/2011 16:03


"Je me sens trop différent des autres au bureau"


En fait tu es un homme... Ou alors, tu as un nègre

Nombre Premier 08/12/2011 11:54



Non, c'est le masculin de généralité, je m'adresse à des boys et des girls alors j'utilise le masculin... You see?


Je vois que tu lis mes articles avec attention, ça fait chaud au coeur :)