L'odeur des garçons

Publié le 10 Juillet 2015

Les garçons qui sentent bon. Tu les croises par hasard à l’arrêt de bus, en marchant dans la rue, ils te dépassent, une bouffée volée de leur odeur. Un mélange de parfum, de cheveux, de barbe, de peau. Tu te retournes, à ce moment-là tu ne peux pas t’empêcher de les suivre du regard, pour le plaisir des yeux, pour le petit instant saisi au vol. Ton corps a réagi avant ta tête, il y a leur odeur, elle t’enivre.

Les petits mecs propres sur eux, bien habillés, bien coiffés, qui sentent bon le frais, une odeur d’herbe verte, de citron, de vetiver. Ceux qui sentent comme un doudou, un parfum tendre, léger, avec un arrière-goût sucré, à peine sorti de l’enfance. Ceux qui se sont parfumés en homme, un truc de dur, notes de cuir, de musc, de muscle, le truc qui te prend à la gorge mais surtout à l’entre-jambe. Ceux qui mettent les parfums de supermarché qui leur sont vendus à grands coups d’hypermasculinité hétéro, mets du Axe et tu auras les meufs, vas-y, plus t’en mets plus t’en as, résultat le garçon sent comme une cocotte qui veut masquer le fait qu’elle ne s’est pas bien lavée.

Une fois dans le bus, je me suis retrouvée assise à côté d’un jeune garçon d’à peine dix-huit ans, coupe ultra courte, veste de survêtement de sport, écouteurs sur les oreilles. Au bout de deux secondes, je n’en pouvais plus de son parfum, j’étais suffoquée. Il ne sentait pas mauvais au premier reniflement, mais ensuite les notes chimiques et agressives prenaient le pas et j’avais la gorge qui piquait. J’ai fini par me pencher vers le garçon et par lui demander : Excusez-moi, mais c’est quoi votre parfum ?

Il a enlevé ses écouteurs, m’a fait reposer la question et m’a répondu, tout fier de s’être pomponné. J’ai imaginé qu’il allait retrouver son ou sa bien-aimé, que c’était un rendez-vous important pour lui, qu’il voulait sentir bon. J’ai tenu le choc pendant le reste du trajet.

L’odeur des garçons c’est comme les jupes courtes des filles, c’est mon petit plaisir d’été. Avec à peine une veste ou une chemise sur leur T-shirt, rien ne retient les effluves de la peau, le mélange de sueur, de parfum, de déodorant, de linge propre. A chaque fois qu’une bouffée me parvient, dans les transports en commun, au supermarché, je suis troublée, je rougis, je cherche le regard, puis je le fuis. J’ai l’impression d’un contact intime mais léger, une main qui attrape doucement mon poignet, un doigt qui caresse ma joue. C’est comme une promesse, un sourire en coin, un clin d’œil. Ça fait partie des petits plaisirs de mes journées ensoleillées.

Rédigé par Nombre Premier

Publié dans #Considérations diverses

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Moi 15/07/2015 23:24

Tu as des marques de parfums préférées ?

Nombre Premier 16/07/2015 14:07

Non, pas vraiment. J'ai des odeurs préférées: généralement les choses assez classiques pour homme, notes vertes, avec des choses assez soutenues, du bois, du cuir, du musc. Mais j'aime être surprise :)